C’est s’opposer à une forme de pensée quasi unique qui naît dans les rangs clairsemés de l’assemblée nationale, puis du sénat, et qui plus tard s’attachera à régenter notre vie sans que l’on ait vraiment la possibilité d’y redire quelque chose. C’est refuser d’entendre les discours des moralisateurs désireux de nous persuader de ce qui est bien ou mauvais pour nous. C’est réfuter la pensée officielle, se sentir encore maître de ses propres choix autant que de ses envies, aussi décalées soient-elles. Parce qu’aujourd’hui, le mot liberté, pilier de notre Déclaration universelle des Droits de l’homme, tend à voir son champ d’application rétréci. Un paradoxe quand tonne le mot « liberté ». Une liberté bien encadrée, surveillée, réglementée, qui nous laisse libre de nos agissements dans un carcan rigide. Pas facile de déployer ses ailes quand on vous les attache… La vie en société impose obligatoirement des règles, c’est ainsi, et parfois, celles-ci entraînent un sentiment d’injustice entre les hommes qui font les lois et ceux qui les subissent. Par réaction, choisir une sportive peut être une soupape de sécurité, simplement parce que l’on sait que là, tapi dans le garage, dort l’engin ultime qui n’attend qu’une impulsion pour faire sauter le verrou des interdits. Mais opter pour une sportive oblige aussi à se montrer responsable, à prendre la mesure de l’extraordinaire potentiel de ces mécaniques pour respecter autrui. Le fantasme est à ce prix. Et chevaucher un fantasme, ça aide parfois à se sentir vivant.

Source : www.motorevue.com du 23/04/2008